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La candidature française à l’Expo

La candidature française à l’Expo

Les expositions universelles anciennes ont laissé à Paris la tour Eiffel, le métro et la gare de Lyon, le Grand Palais et le pont Alexandre III. Mais au XXIe siècle, pourquoi mettre autant d’énergie à proposer la candidature de la France ?

La première raison, au moins chronologiquement, est que ce projet constituerait un bon moyen de rendre aux Français de la confiance dans l’avenir. Jean-Christophe Fromantin, à l’origine de l’initiative, rappelait que les Français en manquent singulièrement. Pour lui, une exposition universelle c’est « un moment de rassemblement, une ambition collective, un nouveau regard sur le monde en lui tendant la main. »

Donner confiance

Les chefs d’entreprises ont particulièrement apprécié cette notion de confiance, indispensable aussi en économie. Et le mot se retrouve dans leurs témoignages de soutien au projet. Ainsi pour Mercédès Erra, présidente d’Euro RSCG, « cela ferait un bien fou aux Français, car cela construirait la confiance. C’est essentiel, car je n’ai jamais vu que l’on avance sans confiance. »

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, « Une telle manifestation serait particulièrement apte à créer la confiance et à mettre en scène la marque France (…) Une exposition universelle qui réunirait des dizaines de millions de visiteurs montrerait au monde entier que toutes les innovations ne font pas en Amérique ou en Asie. Elle révélerait le potentiel de nos start-up, laboratoires et nos universités. »

Un vecteur d’investissement et de croissance

La présence en France de millions de visiteurs sur une période de six mois aurait un fort impact sur l’activité économique. Les effets de l’exposition sont estimés à 23 milliards d'euros, entraînant la création de 160 000 emplois.

Auparavant, elle accélèrera les chantiers du Grand Paris, surtout ceux de transports publics. Pierre-Antoine Gailly, alors président de CCI de la région Île-de- France, voyait dans le projet « un formidable instrument de développement économique, de relance et de cohésion pour une métropole qui se cherche quelque peu aujourd’hui, un accélérateur très significatif du projet qu’est le Grand Paris-Express, et une source d’amélioration très significative de l’attractivité de la région capitale ».

La lettre officielle de candidature, envoyée par le président de la République en novembre, insiste sur ces projets, le métro express et la liaison Paris Roissy CDG, deux lignes qui concernent directement le Val d’Oise. Pour le site proposé par le Val d’Oise, il n’y a pas qu’elles, rappelle Alexandre Maïkovsky, directeur de projet à Grand Paris Aménagement : « Le Triangle de Gonesse est en effet directement connecté à l’autoroute A1 qui nous relie aux pays du Nord de l’Europe ainsi qu’aux deux périphériques franciliens que sont la francilienne et l’A86 (via l’A3). En termes de transports en commun le site bénéficiera du métro de la ligne 17 du Grand Paris Express qui desservira le village global en son cœur, et de la proximité de la Gare TGV de Roissy ».

Partage à tous les étages

Une autre notion fondamentale dans la candidature française réside dans le partage. Le mot figure dans le thème officiel : « La connaissance à partager, la planète à protéger »

Le partage est offert aux exposants et aux visiteurs. Dans le site central, ou « village global » s’élèvera une sphère de 127 mètres de diamètre (1/100.000 du globe terrestre). Les pays seront « accueillis équitablement » selon la formulation officielle de la candidature. Ils aménageront à leur guise des espaces modulables identiques, « comme un sac de Lego ». Cette sphère sera complètement numérique ; on pourra y voir et communiquer avec le monde entier, y vivre une expérience immersive inédite grâce aux technologies de la réalité augmentée.

La sphère rappelle le globe terrestre qu’Élisée Reclus projetait pour l'Exposition universelle de 1900 où le savoir aurait été partagé. Le défi est renouvelé en 2025 avec « la connaissance en partage ». Cet objectif est une différence fondamentale avec les Jeux Olympiques où, à l’inverse, la compétition et la course aux médailles exacerbaient les nationalismes.

Le coût respectif des JO et d’Expo 2025, et leur mode de financement, les différencient aussi radicalement. Les premiers reviennent en moyenne quatre fois plus cher qu’annoncé, et le budget prévisionnel français est le plus élevé à 6,2 milliards d’euros. Ils sont majoritairement financés par le public. ExpoFrance 2025 tient dans un budget de 3 milliards. Et son financement sera uniquement privé, entre billetterie, droits et grand emprunt.

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